Et là ça a été le pire. Plus rien.
Plus rien pendant 8 mois. Plus rien pendant 227 jours et 228 nuits.
Fini le jeu, les jeux, le piment de mon existence.
J'ai erré dans ma vie comme on erre dans une tragédie de Racine. Hermione version truie.
Où suis-je ? Qu'ai je fais ? Que dois-je faire encore ?
Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ? Ah ne puis-je savoir si j'aime ou si je hais. Il m'a assassinée ! Trucidée, égorgée, baisée, enculée et tant d'autres rimes tarées.
Et puis j'ai fini par y penser à l'imparfait. Me résoudre au bonheur fade de ma naissance.
Les amis, la famille, le bahut, l'antenne parabolique, du Racine je vous dit.
364 jours après le commencement (soi le 14 février 2007) et puis hier : Les signes qui ne trompaient pas. Le jour que j'attendais depuis 227 jours est arrivé aujourd'hui, à midi trente sept, en sortant de l'éducation physique et sportive. "Il est là, il est là" me disaient-elle, en alerte. Alors là, je n'ai plus réfléchi et j'ai couru de tout ce que je pouvais avec mes petites jambes jusqu'à l'apercevoir. Séparés par une file de voitures en embouteillage.
Ce sale batard était là. A quelques mètres de moi et je n'y croyais presque plus. Je n'ai pas su quoi faire. Première des priorités : Le faire réagir. Opter pour l'option vulgaire et grossière. "Enculé, va te faire foutre." Pas un regard. Pas un mot. Rien. Zéro. Nada. Niet.
Les larmes auraient voulues sortir à ce moment là mais mystérieusement, je n'éprouvais que de la rage contre cette indifférence, c'est peut être con mais j'avais un sentiment de non-surprise, comme si j'étais psychologiquement préparée à ça. Il n'y avait plus cette euphorie, cette sublime jouissance, cette sorte d'adrénaline, ce sentiment que j'éprouvais auparavant. Il y a un an. A cause de la distance ? Un problème capillaire ? De la lassitude ? Celui que j'aimais aurait disparu. Je n'en sais rien.